Depuis 1990, la croissance chinoise culmine en moyenne à 10% par an ; un boom économique qui créé des besoins, notamment en matières premières. Si les Européens sont de plus en plus conscients des énormes potentiels de l’Afrique, la présence chinoise sur le continent africain est plus qu’exponentielle. Faut-il y voir une situation profitable pour tous ou bien une menace ?
La Chine pratique une politique d’investissements sans condition, c’est-à-dire qu’elle ne sous-tend pas son engagement à des efforts de démocratisation des gouvernements en place. Plusieurs niveaux de réflexions doivent être distingués.
Concernant certains pays africains, les députés européens ont appelé la Chine « à suspendre tout accord commercial dans le secteur de l’armement avec les gouvernements coupables de violations de droits de l’homme ».
Dans bon nombre d’autres pays, ce sont les méthodes de coopération entre l’Afrique et de l’Europe qui risquent d’être remises en cause. Depuis plus de 30 ans, la coopération décentralisée joue un rôle fondamental dans le développement équilibré de l’Afrique. C’est ainsi que les méthodes de gouvernance (association des partenaires Nord-Sud, règles de transparence dans le montage des projets,…) et le respects de principes fondamentaux (développement durable notamment) sont jugés trop contraignants pour certains dirigeants. Pour sa part, la Chine considère qu’elle n’a pas à s’immiscer dans les choix de développement des responsables africains.
Au regard des investissements colossaux de l’Empire du Milieu en Afrique – du jamais vu sur ce continent, nous ne pouvons ni négliger la Chine, ni l’outrepasser ; tant l’Afrique que l’Europe doivent discuter avec elle. En effet, notre passé colonial ne nous permet pas de distribuer les bons et les mauvais points. De son côté, même si la Chine pourra toujours se targuer de ne pas intervenir dans les affaires internes de ses partenaires, son implication atteint parfois une telle ampleur qu’il devient un élément central dans l’économie du pays. C’est peut-être par l’investissement des ONG en Afrique que le dialogue pourra se faire. Autant en Afrique qu’en Chine, les organisations de base ont tendance à être bâillonnées par leur environnement politique, mais les liens ne cessent de croître, à mesure qu’elles dialoguent. Par exemple, en janvier 2007, des organisations de la société civile chinoise étaient présentes au Forum social mondial de Nairobi. En mai 2007, durant une rencontre de la banque de développement africaine, un forum parallèle avait été organisé par des organisations de la société civile pour examiner l’impact de la Chine en Afrique. Il y a place dans cet échange pour l’Europe, à travers les organisations de la société civile. Mieux établis, mieux financés et pouvant bénéficier d’une liberté d’action plus grande, les organisations européennes peuvent nourrir et faciliter ce dialogue qui doit profiter à tous.
0
commentaires |
Cet article est rédigé
par
Nicolas SCHMIT