Paul Déthune est le premier en Champagne-Ardenne à avoir fait installer des panneaux photovoltaïques sur sa toiture. Aujourd’hui, il produit 20 % de son électricité.
LE développement durable, Paul Déthune, vigneron à Ambonnay, ne fait pas qu’en parler. Il a mis en application ses convictions propres en faisant installer des panneaux photovoltaïques sur la toiture de son exploitation en juin 2004, afin de produire sa propre électricité.
Précurseur - il est le premier à avoir déposé un dossier en Champagne-Ardenne -, il n’hésite pas aujourd’hui à faire visiter son installation aux particuliers comme aux professionnels, afin de vanter les mérites de cette technologie énergétique qui transforme la lumière du soleil en courant électrique. Une énergie encore trop peu utilisée aujourd’hui, mais qui commence à faire des émules.
Il faut dire que le coût de l’investissement n’est pas anodin. Si le prix du kWh EDF est attractif par rapport au prix de l’électricité que l’on consomme (lire ci-après), le coût de l’installation est énorme. Aussi, cela peut paraître économiquement fou de faire une installation chez soi.
Coût de l’installation : 36.000 euros
« J’ai mis 4 ans à monter mon projet », confie Paul Déthune. « J’ai accumulé les difficultés, mais c’était le tout début du développement du photovoltaïque. À l’époque, ça n’était pas dans l’air du temps. Aujourd’hui, la durée moyenne d’un tel projet doit être de 6 mois à 1 an. Il a fallu que je m’accroche. »
« Sensibilisé aux énergies renouvelables » et « convaincu qu’il fallait agir et donner une bonne image » de son entreprise, le vigneron a ainsi fait installer sur sa toiture 54 m2 de panneaux photovoltaïques (pour une puissance de 6,5 kwh). Coût de l’installation : 36.000 euros. À l’époque, il avait pu bénéficier d’une subvention à hauteur de 70 % de la Région. Subvention régionale qui n’existe plus, les installations étant désormais déductibles d’impôts.
Rachat de l’électricité par EDF
« Avec ces panneaux, je participe activement à la protection de l’environnement », reconnaît Paul Déthune. « Je l’ai fait par conviction et aussi pour mon entreprise. Aujourd’hui, je produis 20 % de mon électricité. À terme, j’espère bien arriver à 100 %. » Et d’insister : « Il faut intégrer l’écologie dans nos modes de production. C’est important pour l’avenir ».
Depuis 2004, Paul Déthune a ainsi produit 27.465 kwh, soit entre 6.200 et 6.300 kwh par an (cela varie en fonction de l’ensoleillement).
« Pour des raisons de sécurité et de simplicité, je revends toute mon électricité à EDF et je rachète ce dont j’ai besoin. Il est très compliqué de ne revendre que le surplus. Mieux vaut tout revendre et racheter. »
Le vigneron facture ainsi à EDF 1.000 euros par an. Son engagement vis-à-vis d’EDF est établi sur une durée de 20 ans.
Si sa « motivation première était purement environnementale », Paul Déthune s’est également penché sur la question économique du projet : « Il ne s’agit pas non plus d’investir à fonds perdus. Mes installations seront rentables d’ici 15 ans ».
Source : Caroline Garnier, Journal L’Union
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Cet article est rédigé
par
Nicolas SCHMIT